Le calendrier international prend visiblement des hommes et des footballeurs pour des machines, seulement un mois après la finale de la Coupe du Monde, voici le sélectionneur tricolore Raymond Domenech déjà contraint de préparer deux échéances très importantes contre la Géorgie puis l'Italie en éliminatoires de l'Euro 2008.
Cette préparation se traduit par un match amical en Bosnie. Un adversaire qui a la particularité d'avoir été la première équipe affrontée par les Bleus sous l'ère Domenech. A l'époque, le match se disputait à Rennes et le score fut de 1-1.
Pour sa première apparition en tant que sélectionneur, Raymond Domenech avait démarré avec le 11 suivant: Barthez - B.Mendy,Abidal, Squillaci, Gallas, Evra - Pedretti, Mavuba- Rothen - Luyindula, Henry. Sur ces onze-là, seulement 4 sont devenus vice-champions du monde en juillet dernier. On peut ajouter Givet et Govou, entrés en jeu.
Deux ans après ce Bosnie-France ressemble beaucoup au contexte du premier:
- Le début d'une phase reconstruction après les retraites de certains cadres (même si rien n'est officiel pour Barthez, Thuram et Makelele).
- Un match de préparation avant les premiers matchs éliminatoires.
- Rio Mavuba. Première sélection à la surprise générale il y a deux ans. Quatrième ce soir contre le même adversaire.
La seule différence, et elle est de taille, c'est que la France ne reste pas sur deux cuisants échecs en phase finale (Coupe du Monde 2002 puis Euro 2004) mais sur un brillant parcours lors du Mondial 2006.
La tactique
Le retrait définitif de Zidane va désormais officiellement contraindre le sélectionneur à modifier sa tactique en son absence. Le seul joueur réellement apte à le remplacer poste pour poste, Johan Micoud, n'ayant jamais été appelé par Domenech.
Domenech a donc opté pour un 4-4-2, identique au système dans lequel les Bleus ont joué et vaincu le Togo lors du match décisif en poules du Mondial Allemand... un match disputé sans Zidane, suspendu.
Coupet récupère sa place de gardien chez les Bleus, lui qui était dans un désespoir incongru lors du stage à Tignes pre-Mondial, pour ne pas avoir été choisi en n°1. Barthez n'est pourtant pas à la retraite, mais au chômage, Coupet part donc avec de l'avance cette fois-ci, probablement définitive... A 35ans et à 15jours de la fin du mercato, Barthez n'a toujours pas trouvé de club.
La défense est classique et "mondialiste": Sagnol- Boumsong- Gallas- Abidal. Thuram étant absent pour cause d'échéances avec son nouveau club, le Barça. Ce même Thuram qui hésite à continuer l'aventure bleu, lui qui fut tellement enthousiaste il y a un mois.
Boumsong, remplaçant en Allemagne, prend donc la place de Thuram. Un choix dans la continuité de Domenech, même si Boumsong qui reste sur un semestre sans jouer à Newcastle devra se ressaisir avec son club s'il veut rester titulaire en Bleu... Givet est là, Mexes se revèle enfin...
Le duo de récupérateurs fut composé du neo-capitaine Patrick Vieira (déjà capitaine avant le retour des "anciens") et de Rio-Antonio Mavuba, préferé à Alou Diarra (que Domenech ne trouve pas assez complémentaire avec Vieira, mais plutot en doublure de Vieira, il l'a d'ailleurs remplacé en finale contre l'Italie).
Les ailiers offensifs furent classiques, à savoir Malouda à gauche et Franck "Girouette" Ribery à droite.
Un duo d'attaquants sans surprise non plus: Henry-Saha.
Voilà sur le papier.
La prestation
Il ne fallait pas s'attendre à des merveilles, en raison de la manque de préparation de la plupart des joueurs. Pourtant, les Bleus ont livré une prestation honorable, démontrant une envie plus qu'encourageante, plaisante. L'équipe de France n'a conservé que les ondes positives qui ont suivi leur parcours dans le Mondial.
Il y a eu évidemment beaucoup d'approximations, défensivement tout d'abord où Boumsong a eu beaucoup de mal à se placer et à se comprendre, avec Sagnol en particulier.
Ensuite, un problème de relance, le milieu n'offrait aucune solution, les défenseurs ont très souvent sollicité Grégory Coupet, qui fut quasiment utilisé comme le libéro d'une défense à 5.
Et le placement, aléatoire sur le but bosniaque.
En seconde mi-temps, les choses rentrèrent un peu mieux dans l'ordre, les passes défensives et latérales furent plus fluides et précises. Vieira, Mavuba furent trouvés plus aisément. L'arrivée de Givet à la place de Boumsong a définitivement tranquilisé l'arrière garde bleu.
Dans le secteur de la récupération, grosse satisfaction. Vieira est déjà en forme, tranchant et impulsif (dans le bon sens du terme). Très critiqué lors de son premier règne en tant que capitaine, Vieira a cette fois été sur le terrain un leader. A ses côtés, Mavuba n'a pas déçu, jouant simple mais juste, il tient sa première prestation convaincante avec les Bleus.
Offensivement, il y a du bon et du moins bon. Le moins bon fut offert par les milieux offensifs, Malouda et Ribery. Malouda a beaucoup tenté mais a rarement réussi à faire la différence, souvent pris en ténaille par les défenseurs bosniaques. Quant à Ribery, il fut tout simplement absent, se lançant dans des longues courses totalement inutiles, il n'a guère inquiété les défenseurs adverses. Il fut d'ailleurs remplacé par Faubert, peu sollicité mais qui a marqué le but de la victoire (frappe contrée excentrée) pour sa première sélection.
En revanche, Saha et Henry, bien que n'ayant pas repris leur championnat respectif, ont été plutot impressionnants balle au pied, éliminant avec une aisance un ou plusieurs bosniaques, même si l'efficacité ne fut rarement au bout... Saha ratant notamment deux belles occasions dont un face-à-face avec le portier bosniaque.
La victoire est donc au bout
Cette préparation se traduit par un match amical en Bosnie. Un adversaire qui a la particularité d'avoir été la première équipe affrontée par les Bleus sous l'ère Domenech. A l'époque, le match se disputait à Rennes et le score fut de 1-1.
Pour sa première apparition en tant que sélectionneur, Raymond Domenech avait démarré avec le 11 suivant: Barthez - B.Mendy,Abidal, Squillaci, Gallas, Evra - Pedretti, Mavuba- Rothen - Luyindula, Henry. Sur ces onze-là, seulement 4 sont devenus vice-champions du monde en juillet dernier. On peut ajouter Givet et Govou, entrés en jeu.
Deux ans après ce Bosnie-France ressemble beaucoup au contexte du premier:
- Le début d'une phase reconstruction après les retraites de certains cadres (même si rien n'est officiel pour Barthez, Thuram et Makelele).
- Un match de préparation avant les premiers matchs éliminatoires.
- Rio Mavuba. Première sélection à la surprise générale il y a deux ans. Quatrième ce soir contre le même adversaire.
La seule différence, et elle est de taille, c'est que la France ne reste pas sur deux cuisants échecs en phase finale (Coupe du Monde 2002 puis Euro 2004) mais sur un brillant parcours lors du Mondial 2006.
La tactique
Le retrait définitif de Zidane va désormais officiellement contraindre le sélectionneur à modifier sa tactique en son absence. Le seul joueur réellement apte à le remplacer poste pour poste, Johan Micoud, n'ayant jamais été appelé par Domenech.
Domenech a donc opté pour un 4-4-2, identique au système dans lequel les Bleus ont joué et vaincu le Togo lors du match décisif en poules du Mondial Allemand... un match disputé sans Zidane, suspendu.
Coupet récupère sa place de gardien chez les Bleus, lui qui était dans un désespoir incongru lors du stage à Tignes pre-Mondial, pour ne pas avoir été choisi en n°1. Barthez n'est pourtant pas à la retraite, mais au chômage, Coupet part donc avec de l'avance cette fois-ci, probablement définitive... A 35ans et à 15jours de la fin du mercato, Barthez n'a toujours pas trouvé de club.
La défense est classique et "mondialiste": Sagnol- Boumsong- Gallas- Abidal. Thuram étant absent pour cause d'échéances avec son nouveau club, le Barça. Ce même Thuram qui hésite à continuer l'aventure bleu, lui qui fut tellement enthousiaste il y a un mois.
Boumsong, remplaçant en Allemagne, prend donc la place de Thuram. Un choix dans la continuité de Domenech, même si Boumsong qui reste sur un semestre sans jouer à Newcastle devra se ressaisir avec son club s'il veut rester titulaire en Bleu... Givet est là, Mexes se revèle enfin...
Le duo de récupérateurs fut composé du neo-capitaine Patrick Vieira (déjà capitaine avant le retour des "anciens") et de Rio-Antonio Mavuba, préferé à Alou Diarra (que Domenech ne trouve pas assez complémentaire avec Vieira, mais plutot en doublure de Vieira, il l'a d'ailleurs remplacé en finale contre l'Italie).
Les ailiers offensifs furent classiques, à savoir Malouda à gauche et Franck "Girouette" Ribery à droite.
Un duo d'attaquants sans surprise non plus: Henry-Saha.
Voilà sur le papier.
La prestation
Il ne fallait pas s'attendre à des merveilles, en raison de la manque de préparation de la plupart des joueurs. Pourtant, les Bleus ont livré une prestation honorable, démontrant une envie plus qu'encourageante, plaisante. L'équipe de France n'a conservé que les ondes positives qui ont suivi leur parcours dans le Mondial.
Il y a eu évidemment beaucoup d'approximations, défensivement tout d'abord où Boumsong a eu beaucoup de mal à se placer et à se comprendre, avec Sagnol en particulier.
Ensuite, un problème de relance, le milieu n'offrait aucune solution, les défenseurs ont très souvent sollicité Grégory Coupet, qui fut quasiment utilisé comme le libéro d'une défense à 5.
Et le placement, aléatoire sur le but bosniaque.
En seconde mi-temps, les choses rentrèrent un peu mieux dans l'ordre, les passes défensives et latérales furent plus fluides et précises. Vieira, Mavuba furent trouvés plus aisément. L'arrivée de Givet à la place de Boumsong a définitivement tranquilisé l'arrière garde bleu.
Dans le secteur de la récupération, grosse satisfaction. Vieira est déjà en forme, tranchant et impulsif (dans le bon sens du terme). Très critiqué lors de son premier règne en tant que capitaine, Vieira a cette fois été sur le terrain un leader. A ses côtés, Mavuba n'a pas déçu, jouant simple mais juste, il tient sa première prestation convaincante avec les Bleus.
Offensivement, il y a du bon et du moins bon. Le moins bon fut offert par les milieux offensifs, Malouda et Ribery. Malouda a beaucoup tenté mais a rarement réussi à faire la différence, souvent pris en ténaille par les défenseurs bosniaques. Quant à Ribery, il fut tout simplement absent, se lançant dans des longues courses totalement inutiles, il n'a guère inquiété les défenseurs adverses. Il fut d'ailleurs remplacé par Faubert, peu sollicité mais qui a marqué le but de la victoire (frappe contrée excentrée) pour sa première sélection.
En revanche, Saha et Henry, bien que n'ayant pas repris leur championnat respectif, ont été plutot impressionnants balle au pied, éliminant avec une aisance un ou plusieurs bosniaques, même si l'efficacité ne fut rarement au bout... Saha ratant notamment deux belles occasions dont un face-à-face avec le portier bosniaque.
La victoire est donc au bout

C'est de la plus cruelle des manières que de perdre aux tirs aux buts, avec une forte sensation où l'on a vu des Bleus supérieurs pendant plus d'une heure au dernier bastion italien -à savoir sa défense- pas si loin de craquer durant les prolongations. Mais c'est à la "régulière" que l'Italie gagne sa finale ("pas comme son huitième de finale" pourrait rappeler Patrick Rafter un supporter australien connu).
Il suffisait d'y croire. Croire en un rêve qui est réalité aujourd'hui: la France ne sera peut-être pas championne du monde mais elle est en tout cas en finale de la plus grande compétition sportive internationale pour la seconde fois de son histoire, 8 ans après le sacre de 1998.
Il y a un peu plus d'une semaine, l'Equipe de France était assassinée par certains observateurs et les critiques à la veille d'affronter le Togo. Aujourd'hui, les sensations de 1998 et 2000 sont retrouvées, voire dépassées avec cette saveur d'exploits inattendus qui permettent à un pays dépressif de s'unir et de vibrer. 


