France-Portugal 1-0: Leurs vies pour une étoile  posté le lundi 10 juillet 2006 19:11

Il suffisait d'y croire. Croire en un rêve qui est réalité aujourd'hui: la France ne sera peut-être pas championne du monde mais elle est en tout cas en finale de la plus grande compétition sportive internationale pour la seconde fois de son histoire, 8 ans après le sacre de 1998.
Le 9 Juillet, les Bleus feront donc face à des Italiens, tombeurs d'Allemands décevants. Comme une revanche, les deux grandes nations les plus critiqués par la presse mondiale pour diverses raisons, se disputeront une étoile à Berlin.
En demi-finale, les Français n'ont pas reproduit les copies quasi-parfaites contre l'Espagne et le Brésil. Il manquait de la fraîcheur, de la lucidité dans les contres, laissant place beaucoup de déchets. Mais si les Bleus sont en finale, c'est parce qu'ils ont une équipe soudée, contrairement à ce qu'on a pu dire il y a quelques semaines, qui a tenu défensivement et collectivement... de Thuram, joueur du match à Henry, tous les Bleus ont défendu. Les Portugais ont certes mieux joué, obtenus plus d'occasions mais leur incapacité à trouver la faille a laissé place à des simulations nombreuses et honteuses. Les Anglais et les Néérlandais ne seront sans doute pas mécontents de la présence française en finale. Voilà pour la petite pique envers un demi-finaliste au jeu séduisant qui manque encore le coche de peu mais qui aura eu une attitude plus que douteuse.

C'est donc le réalisme français qui a fait la différence: un penalty de Monsieur Zidane à la 33e qui permettra au dieu et capitaine français de jouer l'ultime match de sa carrière à l'occasion d'une finale de Coupe du Monde. Il n'en méritait pas moins.

Tactique du match

On prend les mêmes et on recommence. Voici le dicton de Raymond pour les matchs à élimination directe de cette Coupe du Monde.
Un 4-2-3-1 classique donc, tout comme côté portugais avec Pauleta seul en pointe, entouré par Déco, Cristiano Ronaldo et Figo. Deux récupérateurs: Maniche et Costinha (dire que Tiago est sur le banc...). Et une défense classique à 4 éléments. Bref, les Portugais sont organisés comme la France et ils en ont l'habitude puisque le Portugal jouent régulièrement en 4-2-3-1 depuis l'arrivée de Scolari et sa moustache. Contrairement à Parreira et son Brésil qui avait tenté un changement tactique pour avoir un 4-2-3-1 ce qui avait provoqué un requiem collectif à Rio de Janeiro.

Les Bleus ont beaucoup souffert ce soir, et ce, d'entrée de jeu où les Portugais se sont vite montrés dangereux tout en se replaçant rapidement, empêchant donc les contres français, souvent dangereux lors des matchs précédents, de s'organiser. Privés d'offensives, les Bleus allaient donc devoir subir et attendre éventuellement son heure sous les coups de butoir portugais. Seule une tentative de Malouda en tout début de match allait légèrement inquiéter le banc lusitanien. La clé est finalement venu de Zidane, ou plutot de Ricardo Carvalho qui s'en est allé crocheter Henry dans la surface. Penalty logique, transformé par celui dont le jubilé semble éternel.

Les Français ne reverront la cage portugaise qu'en début de seconde mi-temps via des tentatives d'Henry puis Ribery. C'était la dernière fois. Après, ce fut de longues minutes interminables qui ont vu les Tricolores baisser de pied, notamment physiquement puisque l'on a vu de grosses erreurs de relances, un milieu français dominé et qui n'a eu cesse de reculer. Mais les demi-finales réussissent à Thuram puisqu'il fut la tour de contrôle des Bleus ce soir, quand les Portugais s'entêtaient dans le jeu aérien sur l'axe centrale de notre défense, Thuram était toujours là. C'était le soir des défenseurs français, après celui d'Henry et Zidane ou celui des milieux récupérateurs. Si Abidal a été plutot médiocre, Sagnol, Gallas et donc Thuram ont confirmé leur statut et sont les principaux artisans (la première entreprise de France) de la qualification tricolore.

Les Portugais ont beaucoup tenté mais se sont cassés les dents, de peu parfois comme cet arrêt de Barthez à la 78e minute qui offra une belle occasion à Figo, à bout portant. Maniche a tiré de loin, Pauleta fut inexistant comme à chaque fois avec le Portugal, Cristiano Ronaldo a bousculé, provoqué mais beaucoup trop simulé... Une belle prestation dont une défaite sera evidemment frustrante pour eux mais.... des cours seront nécessaires chez un certain Fabrizio R.

Le film du match

9e: Décalé par une tallonade de Cristiano Ronaldo, Maniche teste sa frappe de loin qui consiste l'un de ses points forts. Le ballon frôle la transversale de Barthez qui semblait battu.

33e: A l'entrée de la surface de réparation, Henry crochète Ricardo Carvalho qui empêche le Gunner de passer en le déséquilibrant. Penalty logique, que transforme Zidane alors que Ricardo était parti du bon côté. En demi-finale de l'Euro 2000, c'est déjà un penalty de Zidane qui avait qualifié les Bleus.

48e: Petit festival d'Henry qui à l'angle gauche de la surface pousse Ricardo à une intervention heureuse puisqu'il manque de peu de réussir le CSC.

49e: Dans la foulée, Ribery tente sa chance de 20mètres et oblige Ricardo à une nouvelle parade.

78e: Sur un coup franc ce C.Ronaldo, Barthez décide de jouer à Jeanne et Serge en ratant son arrêt sous forme de réception en volley-ball, le cuir arrive sur la tête de Luis Figo mais le capitaine portugais ne cadre pas sa tentative alors qu'il était à bout portant.

87e: Saha récolte un carton jaune suite à une faute grossière. Il sera donc privé de finale. De son côté, Ricardo Carvalho manquera la petite finale pour le même motif.

Finale France-Italie dimanche

La douce ivresse de ces derniers jours a gagné le luxe de se prolonger au moins jusqu'à la décision finale, la finale du 9 Juillet 2006. Dès sa prise de fonction après l'Euro 2004, Domenech avait clairement annoncé son objectif: "devenir champion du monde". Cet objectif, il ne l'a jamais lâché même après des nuls en Israël ou en Suisse, une victoire à l'arraché aux Feröé, une qualification inesperée contre Chypre, une entame de Coupe du Monde plus que laborieuse... Peu l'ont cru, peu ont daigné le soutenir un minimum... Bref, esperons que le selectionneur pour la Coupe du Monde 2010 sera autant critiqué, car au moins on sera sûrs d'être en finale.

L'Italie ressemble à la France avec son envie de revanche contre les critiques, avec en plus une revanche contre l'avenir de leurs clubs menacés de relégation. Deux équipes au collectif soudé, qui se respectent et qui jouent d'une façon plutot similaire.

Rendez-vous dimanche.
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