C'est de la plus cruelle des manières que de perdre aux tirs aux buts, avec une forte sensation où l'on a vu des Bleus supérieurs pendant plus d'une heure au dernier bastion italien -à savoir sa défense- pas si loin de craquer durant les prolongations. Mais c'est à la "régulière" que l'Italie gagne sa finale ("pas comme son huitième de finale" pourrait rappeler Patrick Rafter un supporter australien connu).C'est de la plus laide des manières que le plus grand joueur de football de tous les temps (oui Pelé prononce très mal "Wilkommen zum Fussball" donc il est relégué à un rang inférieur), Zidane, achève sa carrière, sur un coup de tête qui n'a même pas obligé Materrazi à simuler pour tomber à terre. Qu'importe, on ne saura jamais si sa présence aurait pu faire basculer le match dans les dix minutes restantes. Ce que l'on sait en revanche c'est que Zidane manquera au football même s'il rate sa sortie, la France va pleurer son champion tout autant que son étoile envolée, voire plus.
Les Italiens sont donc champions du monde dans un stade acquis à la cause des Français. De beaux champions du monde cependant.... parait-il... d'après le génie Angel Marcos. Accordons-lui donc le bénéfice du doute (quel article subjectif que fais-je diantre !).
La tactique du match
Il y a eu deux matchs. Le premier où les Italiens ont étouffé les Français, le second où ce fut tout simplement l'inverse.
Les Bleus jouaient sans surprise en 4-2-3-1, le même qui a vaincu respectivement l'Espagne, le Brésil et le Portugal. Côté italien, la disposition était la même: quatre défenseurs à plat (Zambrotta, Cannavaro, Matterazi, Grosso), deux récupérateurs (Pirlo, Gattuso), trois milieux offensifs (Perrota, Camoranesi, Totti) et une pointe (Totti). Après l'ouverture du score précoce de Zidane, les Transalpins ont de suite étouffés leurs adversaires puisque Buffon ne toucha quasiment pas le cuir durant une mi-temps. En pressant haut et en nombre sur le porteur de balles, les Italiens ont coupé les transmissions françaises, monopolisé le ballon pour finalement avoir le contrôle du jeu et du match. Ils égalisèrent rapidement sur corner avec une tête de Materrazi qui a vite démontré la domination dans le jeu aérien de la Squadra Azzura.
En seconde mi-temps, les Bleus sortirent d'entrée la tête de l'eau et prirent les choses en mains, les Transalpins reculant et ne pressant plus comme en première mi-temps... autrement dit, ce sont les tricolores (enfin NOS tricolores) qui à partir de ce moment-là parurent au dessus physiquement de leurs adversaires. Les Italiens paraissant incapables de reproduire le pressing des 45 premières minutes, ce qui a offert la possibilité aux Bleus de jouer et de construire. Lippi l'a vite compris et a tenté son habituel coup de poker en sortant rapidement Totti et Perrota pour De Rossi, milieu offensif et Iaquinta, attaquant. Choix offensif de Lippi donc. Mais cette fois le coup tactique de Lippi n'a rien changé, tout comme la rentrée de Del Piero qui fut transparent. Les Italiens furent donc condamnés à défendre, on ne peut pas parler de "catenacio" puisqu'ils n'ont pas eu la moindre occasion après la pause et n'ont pas semblé capables de s'en créer.
Solidaires et surmotivés, les Français se cassèrent tout de même les dents sur une défense italienne aculée mais impeccable.
Il y avait cependant la place, il a manqué la réussite et le réalisme de la 46e à la 120e minute, période où la France a démontré au monde entier qu'elle pouvait être championne du monde. En vain, elle n'a pas concrétisé sa domination ni ses occasions.
Le film du match
7e:Penalty plutôt généreux accordé à la France suite à une faute de Materrazi peu évidente sur Malouda. Zidane le transforme en réalisant une "panenka", le ballon entre à l'aide de la transversale.
19e: Corner de Pirlo, Materrazi saute plus haut que tout le monde et trompe Barthez.
28e: Scénario identique que l'action précédente hormis que la tête de Materrazi est dégagé in extremis par Thuram.
36e: Encore un corner, encore Pirlo, mais cette fois c'est Luca Toni, tout aussi grand que Materrazi, qui envoie de la tête le ballon sur la barre transversale.
99e: Une deux Malouda-Ribery, le Marseillais est seul devant Buffon mais envoie le ballon d'un rien à droite du montant du portier italien qui paraissait battu.
104e: Superbe centre de Sagnol sur la droite au point de penalty où Zidane reprend de la tête mais Buffon réalise une parade exceptionnelle et sauve son pays sur cette action.
110e: Fin de carrière pour Zidane suite à un violent coup de tête sur Materrazi. Le défenseur italien a eu précédemment quelques mots avec le dieu français, provoquant la violente réaction du meneur de jeu. Expulsion cependant logique. Mais en bon chauvin subjectif que je suis, voici un lien vers un sujet du forum d'InfoPSG sur ce dont est capable le défenseur de l'Inter Milan: http://forum.infopsg.com//index.php?showtopic=6408.
Tirs aux buts: 9 tirs aux buts tirés dont 8 d'une facilité déconcertante.... seul Trezeguet manque le coche en tirant sur la barre. L'Italie est championne du monde.
23h30: TF1 touche le fond en obtenant les réactions de Lorie, Bernard Tapie, Cécile de Ménibus, Djamel Bourras, Amel Bent ou encore Nikos Aliaglas suite à la défaite de l'Equipe de France.
L'avenir
On sait déjà qu'Escalettes et la FFF souhaitent prolonger le contrat de Domenech jusqu'à l'Euro 2008. Cependant, on ignore réellement si le sélectionneur français est partant pour poursuivre l'aventure après cette désillusion amère pour lui.
On sait aussi que Zidane stoppera définitivement sa carrière, donc cette fois son départ de l'Equipe de France est définitif, tout comme Makelele et Thuram. Makelele poursuivra cependant en club, en revanche on ignore pour Thuram (dont les larmes ce soir furent émouvantes) s'il poursuivra en Serie B avec la Juve ou ailleurs ou pas du tout. Idem pour Barthez: retraite internationale? retraite tout court?
Les autres semblent bien trop jeunes pour arrêter et les qualifications de l'Euro 2008 devraient démarrer en s'appuyant sur un noyau dur composé des Gallas, Sagnol, Abidal, Vieira (de nouveau capitaine?), Malouda, Ribery, Henry...
Merci à Zidane, à Makelele, à Thuram. Merci aux Bleus pour ce parcours inespéré, l'issue importe peu quand on regoûte à ces joies que peuvent apporter le football et à de leurs prestations de ce Mondial -finale incluse- qui rendent fiers de cette équipe.
Que les français n'oublient pas cette fierté patriotique qu'ils ont retrouvé ou trouvé durant ce mois de juin/juillet. Tant pis pour ceux qui ont renié l'Equipe de France du début à la fin, l'aventure bleue s'achève, une autre commence et rien ne dit qu'elle n'en sera pas moins belle.
Merci aussi à David Astorga qui a montré que l'on pouvait avoir un emploi tout en étant inutile, ridicule et incompétent. C'est sûr, la France va repartir.





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ven 06 jun 2008 04:42