
Quatre jours après la douche écossaise, les Bleus se sont rassurés et assurés l’essentiel en battant une toujours aussi limitée formation des Îles Feröé. Au premier tiers des éliminatoires, la France est en tête mais pourra encore regretter le match de Glasgow puisque ni l’Ecosse ni l’Ukraine ni l’Italie sont distancés.
Toujours est-il que les Français n’ont pas tremblé ce soir pour remporter les trois points tout en faisant valoir son potentiel offensif malgré près d’une heure sans marquer.
Avant-match :
Malgré la défaite à Glasgow, Domenech a maintenu son 4-4-2 pour affronter les Feröé. Choix plutot logique tant la possession de balle serait française, ce qui nécessite une vive présence devant le but scandinave : deux attaquants de pointe n’étaient donc pas de trop.
Et ces deux attaquants furent Henry et Louis Saha, remplaçant en Ecosse car légèrement blessé, qui profite aussi de la baisse de moral de Trezeguet.
A leurs côtés, on retrouve les désormais incontournables Florent Malouda et Franck Ribery. A la récupération, c’est Toulalan qui épaule Vieira laissant donc Makelele sur le banc. Ce dernier avait d’ailleurs laissé entendre lors d’une interview la semaine dernière qu’il y aurait un arrangement avec le sélectionneur pour qu’il puisse souffler lors des matchs plus "abordables" pour les Bleus. "ce serait l’occasion de lancer des jeunes comme Toulalan" avait d’ailleurs suggéré le milieu de Chelsea. Domenech avait visiblement le même avis, ce qui ne déplaira pas à José Mourinho qui avait vu d’un mauvais oeil de voir son joueur toujours convoqué malgré son souhait de prendre sa retraite internationale.
Si Mourinho sera content, Wenger le sera moins puisque Gallas fut titularisé alors qu’Arsenal le déclarait inapte pour les deux rencontres internationales. Qu’importe pour Domenech, la forme du Gunner lui a d’ailleurs donné raison. A gauche, Abidal touché en Ecosse cède sa place à Julien Escudé.
Autre lyonnais touché à Glasgow : Grégory Coupet, remplacé par Landreau.
C’est donc une équipe plutot inédite qui fut aligné lors de ce 4-4-2. Avec un gardien qui fêtait sa 4e sélection en 5 ans de présence dans le groupe des Bleus ; trois joueurs qui faisaient leurs débuts internationaux (Toulalan, Escudé puis Clerc, rentré en fin de match) ; et Saha qui était le 5e joueur titulaire ce soir qui ne l’était pas quatre jours auparavant.
Le match
Sochaux fut en fête pour accueillir pour la première fois son équipe nationale, devenant ainsi la 22e ville de province à avoir vu le maillot bleu sur ses terres.
Il s’agissait de la troisième rencontre entre la France et la formation féringienne, la première avait eu lieu en septembre 2004 et une difficile victoire 2-0 chez eux (premier succès de l’ère Domenech), la seconde un an plus tard et une victoire 3-0 à Lens (dont un doublé de Cissé).
Saha, d’entrée
Henry l’avait dit en conférence de presse : "il faudra marquer vite". Son conseil fut suivi à la lettre au bout de 38 secondes, Saha trouve déjà la faille suite à une remise parfaite d’Henry qui réceptionnait lui-même le premier caviar de Sagnol. Le match fut donc plié après ces 38 petites secondes puisque les Feröé n’ont pas fait tremblé les filets depuis une éternité : pas un but inscrit en quatre matchs. En fait, leur dernier but remonte à un an et un déplacement en Israël conclu par une enième défaite (1-2).
Le break était donc déjà écrit et suivra à la 22e minute, encore amorçé par un centre de Sagnol que Saha laisse filer pour Henry, démarqué, qui trompe Mikkelsen de près. Entre temps, Malouda (5e), encore Saha (14e) auront sérieusement alerté l’arrière garde féringienne. Une nette domination Bleue, encore plus que la première mi-temps en Ecosse puisque les Scandinaves, conscients de leurs limites, défendent à 11 dans leur moitié de terrain, offrant une soirée paisible à la défense centrale et permettant à Escudé et Sagnol de participer pleinement au jeu offensif, et à Vieira et Toulalan de jouer un rôle de meneurs de jeu.
A 2-0, la messe est définitivement dite, les Tricolores étant à l’abri d’une peu probable mauvaise blague. Et jusqu’à la 76e minute, plus rien... Ou plutot un scénario qui n’est pas sans rappeler le précédent France-Feröé, treize mois plus tôt qui avait vu les Bleus mener 2-0 rapidement et être incapables d’aggraver la marque pendant une heure.
Trezeguet illustre l’écart
En réalité, les Français ont logiquement baissé d’intensité sans pour autant dérouler sans chercher à marquer puisqu’au final, ils auront tiré une vingtaine de fois aux buts. Mais même à 2-0, les Féringiens continuent de défendre comme s’il y avait 0-0 ainsi ils laissèrent peu d’espaces aux enchaînements malgré la large domination technique des vice-champions du monde. Les centres de Sagnol étaient dégagé en catastrophe, les tentatives de Toulalan contrés comme celles de ses autres coéquipiers, et quand le tir parvenait à passer loin des pieds des joueurs de champ adverses, le cadre n’était pas trouvé. Henry (30e, 44e), Vieira (35e) ne concrétisent pas leurs nettes occasions.
La seconde période est beaucoup moins convaincante, les Bleus semblant se décourager face à la solidarité féringienne. Les rentrées d’Anelka et de Trezeguet redonneront toutefois une nouvelle énergie aux tentatives bleus : Escudé et Toulalan tentent leurs chances mais leurs frappes ne concrétisent pas leurs excellents débuts en Bleu, Malouda se montre plus présent, l’association Ribery-Sagnol épuise les défenseurs. Puis finalement, le compteur se débloquera à la 76e via Anelka reprenant victorieusement une déviation de la tête de Trezeguet sur un corner de Malouda.
Passeur, le joueur de la Juve, en pleine déprime par le fait de jouer en Serie B et suite aux critiques subies après Ecosse-France, se muera en buteur. Par deux fois, tout d’abord à la 78e il conclue un nouveau centre parfait de Sagnol, puis à la 84e il remporte son duel face à Mikkelsen. Qui a dit que les Bleus n’avaient pas besoin de Trezeguet ? Le joueur de Turin complète donc le bon bilan des attaquants français puisqu’ils sont tous marqués : Saha, Henry, Anelka et donc Trezeguet.
Après avoir pris 3 buts en 8 minutes, les féringiens terminent péniblement cette rencontre mais parviendront à ne plus encaisser de buts. Avec trois pioints et cinq buts, les Bleus restent dans le bon wagon pour la qualif’ pour l’Euro 2008.
Formation :
Landreau - Sagnol (Clerc 79e), Gallas, Thuram, Escudé - Vieira (cap), Toulalan - Ribery, Malouda - Henry (Anelka 61e), Saha (Trezeguet 61e)
Réactions :
Raymond Domenech : « Un début de match, c’est crispant. Mais là, quand on marque à la 36e seconde, on sait que l’essentiel est fait, ça permet d’être rassuré. En plus le premier but c’est le résultat d’une action construite avec débordement et centre. Les joueurs ont retenu ce qui s’est passé en Ecosse, on a écarté le jeu, ils ont joué long, ils ont ouvert des espaces à l’intérieur. Dans ce genre de match, c’est ce qu’il fallait faire et ils l’ont bien fait. Chacun son boulot, je suis content que les attaquants marquent, ça prouve que les autres ont bien fait le boulot. »
Prochain rendez-vous en novembre contre la Grèce (amical), en mars en Lituanie pour les éliminatoires.